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une autre cagnotte de 60 000 euros lancée par Jean Messiha n’aurait jamais été versée

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On appelle ça comment, une cagnotte où le bénéficiaire ne touche rien ?

Une cagnotte peut en cacher une autre.

Alors que le franco-égyptien Jean Messiha est déjà dans la tourmente après les accusations visant la cagnotte destinée aux familles des agents pénitentiaires tués lors de l’évasion de Mohamed Amra, une nouvelle affaire vient alourdir le tableau. Et le scénario commence à sérieusement se répéter.

Selon BFMTV, une autre cagnotte lancée par Jean Messiha, cette fois en soutien au gérant d’une boutique Geox à Strasbourg, n’aurait jamais été versée à la personne pour laquelle elle avait pourtant été ouverte.

Encore une collecte. Encore de grands mots. Encore un bénéficiaire annoncé. Et, selon les informations rapportées, encore un bénéficiaire qui n’aurait pas vu la couleur de l’argent.

La cagnotte Geox : plus de 60 000 euros collectés

L’affaire remonte à avril 2024. À Strasbourg, le gérant d’un magasin Geox refuse qu’une femme voilée travaille dans son établissement. La scène est filmée par l’intéressée puis diffusée sur les réseaux sociaux. Dans la vidéo, le gérant explique que sa tenue n’est pas adéquate.

Très vite, l’affaire s’enflamme. Le magasin est visé par une vague de messages haineux et de menaces de mort. L’établissement doit fermer temporairement avant de rouvrir sous protection policière.

Jean Messiha entre alors en scène. Comme souvent, il transforme un fait divers en combat idéologique, avec slogans, indignation et appel aux dons. Il lance une cagnotte GoFundMe officiellement destinée au gérant du magasin, présenté comme un homme à soutenir face aux menaces et aux conséquences professionnelles de cette polémique.

La cagnotte dépasse rapidement les 60 000 euros.

Sur la page GoFundMe, l’objectif affiché est clair : aider financièrement Nicolas, le gérant de la boutique Geox de Strasbourg, présenté comme empêché de travailler et susceptible de devoir faire face à des frais de justice. Les donateurs donnent donc pour lui. Pas pour un discours. Pas pour une opération de communication. Pour un homme précis, présenté comme bénéficiaire.

Sauf que, selon BFMTV, le gérant n’aurait jamais reçu le moindre centime.

“Il ne l’a pas réclamé” : la défense étonnante de Jean Messiha

Face à cette nouvelle affaire, Jean Messiha aurait cette fois avancé une autre ligne de défense. Après avoir mis en cause GoFundMe dans le dossier des veuves d’Incarville, il explique ici, en substance, que le gérant n’aurait jamais réclamé l’argent.

Autrement dit : Jean Messiha, membre du parti Reconquête!, lance une cagnotte au nom d’un homme, récolte plus de 60 000 euros grâce à son histoire, puis reproche au bénéficiaire de ne pas être venu demander lui-même la somme.

La logique est pour le moins particulière.

Car lorsqu’on ouvre publiquement une collecte “pour” quelqu’un, la moindre des choses est peut-être de s’assurer que cette personne est informée, identifiée, contactée, puis payée. Sinon, il ne s’agit plus seulement d’un élan de solidarité. Cela devient une drôle de mécanique : on utilise le nom et la situation d’un bénéficiaire pour mobiliser les dons, puis on attendrait que ce bénéficiaire vienne frapper à la porte pour récupérer l’argent collecté grâce à lui.

Ce n’est pas exactement l’image de rigueur et de responsabilité que Jean Messiha aime vendre sur les plateaux.

Après Incarville, le même malaise

Cette nouvelle affaire survient alors que Jean Messiha est déjà visé par une plainte pour abus de confiance dans le dossier de la cagnotte ouverte après l’attaque du fourgon pénitentiaire à Incarville.

Le 14 mai 2024, deux agents pénitentiaires, Fabrice Moello et Arnaud Garcia, sont tués lors de l’évasion de Mohamed Amra. Après le drame, Jean Messiha lance une cagnotte censée aider leurs familles. Là encore, les mots sont forts : héros, République, sacrifice, solidarité nationale.

Mais selon la plainte déposée par la veuve de Fabrice Moello, l’argent n’aurait pas été reversé aux proches des victimes. Plus de 40 000 euros auraient été retirés, et la plateforme GoFundMe a indiqué que les fonds avaient bien été versés vers des comptes liés au créateur de la cagnotte.

Jean Messiha conteste toute volonté de détournement et assure qu’il s’agirait d’une erreur de la plateforme. La justice devra trancher.

Mais avec l’affaire Geox, une question devient inévitable : combien de cagnottes lancées au nom de personnes présentées comme victimes ont réellement fini entre les mains des bénéficiaires annoncés ?

Le “lanceur de cagnottes” rattrapé par ses propres collectes

Jean Messiha s’est construit une spécialité politique : capter l’émotion, choisir un camp, ouvrir une cagnotte, et transformer l’argent des donateurs en démonstration idéologique.

Après Nahel, après Geox, après Incarville, le mécanisme est toujours le même : un fait divers, une polémique nationale, une figure présentée comme symbole, puis un appel à l’argent au nom de la solidarité.

Mais la solidarité ne se mesure pas au montant affiché sur une page GoFundMe. Elle se mesure à une chose beaucoup plus simple : l’argent arrive-t-il réellement aux personnes pour lesquelles il a été donné ?

Dans le cas du gérant de Geox, selon BFMTV, la réponse serait non.

Dans le cas des veuves des agents pénitentiaires tués à Incarville, une plainte a été déposée, et les familles affirment ne pas avoir touché l’argent promis.

À force, l’affaire ne ressemble plus à un simple bug administratif ou à un malentendu technique. Elle pose une question politique et morale majeure : Jean Messiha utilise-t-il les drames et les colères du pays pour aider des victimes, ou pour nourrir sa propre machine médiatique et un jolie billet en retour ?



Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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