
Le contexte : Netanyahou mise sur les « influenceurs »
Lors d’une réunion consacrée à la stratégie médiatique, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a publiquement évoqué le rôle crucial d’une « communauté » d’influenceurs. Il a déclaré : « Nous devons contre-attaquer. Comment ? Par nos influenceurs. Je pense que vous devriez également leur parler si vous en avez l’occasion, cette communauté est très importante. » Ces propos mettent en lumière une stratégie de communication officielle assumée.
Prime Minister Netanyahu’s response to my question:
(I’m so mad I didn’t record the intro of “as Debra mentioned” 😭) pic.twitter.com/3nYk5RA7tK
— Debra Lea (@thedebralea) September 26, 2025
Une campagne lucrative financée par l’État
La rémunération de ces influenceurs est substantielle. Selon des documents récents, non rapportés auparavant, ces personnalités publiques perçoivent environ 7 000 $ par publication sur des plateformes comme TikTok et Instagram pour relayer le message israélien.
Le cabinet Bridges Partners, mandaté par le ministère israélien des Affaires étrangères, a facturé près de 900 000 $ pour cette « campagne d’influence ». Cette somme, destinée à financer le travail de 14 à 18 influenceurs, couvre la période de juin à novembre.
Bien que les documents, enregistrés dans le cadre du Foreign Agents Registration Act, ne détaillent pas la répartition exacte entre les paiements aux influenceurs et les coûts de production, une estimation sérieuse peut être avancée. Après déduction des frais administratifs et de production (honoraires juridiques, frais bancaires, marketing, etc.), le budget alloué aux influenceurs eux-mêmes s’élèverait à environ 552 946 $ pour la période de juin à septembre.
Sur cette période, il était prévu que le groupe produise entre 75 et 90 publications. Un simple calcul permet d’estimer la rémunération par post :
. Estimation basse : environ 6 143 $ par publication
. Estimation haute : jusqu’à 7 372 $ par publication
Opacité et acteurs clés de la campagne
L’identité des influenceurs participants reste inconnue. Havas Media Group Germany, le groupe médiatique supervisant les travaux de Bridges Partners, n’a pas répondu aux multiples demandes de commentaires concernant les noms des créateurs ou leurs rémunérations individuelles.
Bridges Partners est co-dirigé par Yair Levi et Uri Steinberg. Le cabinet, basé à Washington D.C., décrit sa mission comme favorisant « les échanges culturels entre les États-Unis et Israël ». Il s’est entouré d’anciens militaires, comme un ancien major de l’unité des porte-parole de l’armée israélienne (IDF), et du cabinet d’avocats Pillsbury Winthrop Shaw Pittman, connu pour avoir représenté la société israélienne de logiciels espions NSO Group.
La question du « Projet Esther »
Cette campagne d’influence est officiellement intitulée « Esther Project ». Ce nom est similaire à un « Projet Esther » de la Heritage Foundation, une initiative américaine conservatrice visant à lutter contre l’antisémitisme. Cependant, un porte-parole de la Heritage Foundation a formellement démenti tout lien entre les deux projets auprès du média Responsible Statecraft.
Une traduction du Média en 4-4-2 d’un article de Responsible Statecraft.










