Le ministère japonais des Finances a confirmé lundi que Tokyo et Washington avaient agi ensemble sur le marché des changes pour soutenir le yen. Une opération coordonnée de rachat de la devise nippone, la première de ce type depuis 1998.
Selon Nikkei Asia, les autorités des deux pays sont intervenues vendredi, alors que le yen était tombé à des niveaux jamais vus depuis quatre décennies face au dollar.
La ministre des Finances Satsuki Katayama a expliqué que l’intervention visait à contrer “une volatilité excessive et des mouvements désordonnés”. Elle a ajouté que le Japon “n’hésitera pas” à recommencer si nécessaire, tout en restant en contact étroit avec le Trésor américain.
Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a confirmé l’action commune dans un message sur X, affirmant que Washington “n’hésitera pas à participer à d’autres interventions conjointes” soutenant les efforts japonais pour corriger ce qu’il appelle une “sous-évaluation substantielle” du yen.
Donald Trump a quant à lui parlé d’un “signal d’amitié”. Tokyo aurait demandé “un peu d’aide” face à la faiblesse de sa monnaie.
D’après The Japan Times, le yen a réagi vite. Il a grimpé de plus de 1 % après l’annonce, s’éloignant des plus bas proches de 164 yens pour un dollar atteints fin juillet.
Cette chute prolongée alourdissait la facture des importations et nourrissait l’inflation au Japon, et les écarts de taux avec les États-Unis continuaient de faire sortir les capitaux. Tokyo avait déjà tenté d’intervenir seul, avec des montants estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars selon la Banque du Japon, sans trop de succès.
L’intervention américaine s’est déroulée via la Réserve fédérale de New York, qui a vendu des euros pour acheter des yens pour le compte du Trésor. Goldman Sachs et Morgan Stanley ont aussi été sollicitées.
Les traders restent sur leurs gardes. Beaucoup scrutent chaque mouvement, prêts à réagir à de nouvelles interventions. Le yen a poursuivi sa hausse lundi, mais le climat reste fragile.
Katayama a refusé de dire si d’autres opérations avaient eu lieu lundi. Bessent a, lui, appelé à renforcer les facilités de liquidité de la Fed destinées aux banques centrales étrangères.
Derrière le discours d’amitié, une question circule : Washington agit-il par pure solidarité avec un allié, ou par crainte qu’un effondrement trop brutal du yen n’entraîne des secousses sur les marchés obligataires japonais et, au-delà, sur le système financier américain ?









