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YouTube condamné pour suppression injustifiée

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Gagner en justice mais perdre sur YouTube… la nouvelle normalité ?

Imaginez : vous construisez patiemment une communauté de 20 000 abonnés autour de votre passion pour les voitures électriques, et du jour au lendemain, un algorithme décide de tout balayer. Pire encore, même une décision de justice en votre faveur ne suffit pas à rouvrir les portes. C’est l’histoire d’Oleksandr, le cerveau derrière la chaîne Chase Car, qui vient de remporter une bataille légale contre le géant YouTube – sans pour autant voir la fin de son cauchemar.

L’histoire d’un créateur pris dans la toile de l’IA : le récit d’Oleksandr

Oleksandr n’est pas un novice. Basé en Ukraine, ce passionné d’automobile a lancé Chase Car il y a quatre ans pour partager des reviews de véhicules électriques, des news sur les innovations du secteur et des analyses accessibles à tous les amateurs de moteurs. « C’est mon cœur, mon travail, ma voix », comme il le dit lui-même dans un post sur X.

Tout bascule en juin 2024 : YouTube démonétise la chaîne pour « contenu réutilisé ». Oleksandr fait appel. Un examinateur humain valide que tout est original et la monétisation reprend. Mais le 4 novembre 2024, la chaîne est définitivement terminée pour « Spam, pratiques trompeuses et escroqueries ». L’appel est rejeté en quelques secondes… par un bot.

Refusant de baisser les bras, Oleksandr, citoyen européen, porte plainte auprès d’ADROIT, l’organisme extrajudiciaire certifié par l’Union européenne. Le 23 juillet 2025, la décision tombe : la plainte est entièrement fondée, YouTube n’a pas su prouver la moindre violation et la suppression est jugée illégale. La plateforme doit rétablir la chaîne. Quatre mois plus tard ? Toujours rien.

Pourquoi cette affaire met le feu aux poudres : l’IA, ce juge impitoyable

Depuis l’été 2025, YouTube a lancé une offensive massive contre le « AI slop » (vidéos générées automatiquement de faible qualité). Résultat : plus de 4,8 millions de chaînes supprimées en quelques mois, très majoritairement par des algorithmes. Le problème ? Quand l’IA se trompe, il n’y a presque plus de recours humain… sauf en Europe grâce au Digital Services Act.

Oleksandr n’est pas un cas isolé. Des chaînes comme Norse797 (108 000 abonnés) ou des dizaines de petits créateurs européens rapportent le même scénario : validation humaine un jour, condamnation robotique le lendemain, puis silence total malgré des décisions de justice favorables.

YouTube face à ses démons : le contexte européen qui change la donne

Le Digital Services Act (DSA), en vigueur depuis 2024, oblige les plateformes à proposer un recours externe efficace. En Irlande (où YouTube Europe est basé), c’est ADROIT qui joue ce rôle. Une décision défavorable peut déboucher sur des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial – un levier que peu de créateurs américains ont à disposition.

Oleksandr a d’ailleurs annoncé préparer une plainte auprès de la CNIL irlandaise pour non-exécution de la décision de justice. Un précédent qui pourrait forcer YouTube à revoir tout son système de rétablissement de chaînes.

Ce que cela change (ou pas) pour les créateurs

Cette victoire est historique : c’est l’une des premières fois qu’un créateur individuel bat officiellement YouTube devant un organisme indépendant européen. Mais elle révèle aussi l’absurdité du système actuel : gagner en justice ne suffit pas si la plateforme fait la sourde oreille.

Sur X, l’histoire commence à monter en puissance. D’autres créateurs préparent des recours collectifs. L’Europe pourrait bien devenir le terrain où les géants du web apprendront enfin à respecter leurs propres règles… et les décisions de justice.

À suivre de très près.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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