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59 millions de dollars collectés pour un smartphone qui n’arrive toujours pas

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Trump Mobile prouve qu’en 2026, on peut encore vendre du rêve… et empocher l’argent.

Des retards en cascade et des explications floues

Le T1 devait initialement être livré entre août et septembre 2025. Mais les obstacles s’accumulent : problèmes d’approvisionnement, puis un shutdown gouvernemental. Les délais sont repoussés, d’abord à la fin de l’année 2025, puis au début de 2026. En ce mois de mai 2026, soit onze mois après le lancement, aucun appareil n’a encore été expédié. Pire, le site officiel continue de vanter les mérites du téléphone – écran AMOLED (Active Matrix Organic Light-Emitting Diode) de 6,78 pouces, processeur Snapdragon, caméras de 50 MP, batterie de 5000 mAh – tout en proposant toujours aux nouveaux clients de « rejoindre la file d’attente » contre 100 dollars. Les mentions initiales d’une fabrication 100 % américaine, elles, ont discrètement disparu. Le site se contente désormais d’évoquer des « équipes américaines guidant la conception et la qualité ».

Un changement de conditions qui sent le roussi

Le 6 avril 2026, Trump Mobile modifie ses conditions générales. Le dépôt de 100 dollars n’est plus présenté comme une réservation ferme, mais comme une « opportunité conditionnelle ». Autrement dit, il ne garantit ni la production ni la vente du téléphone. L’entreprise assure que les fonds sont intégralement remboursables en cas d’annulation du projet. Pourtant, les plaintes des clients s’accumulent : manque de communication, difficultés à obtenir un remboursement, et un sentiment croissant d’avoir été floués. En janvier 2026, onze élus démocrates, dont la sénatrice Elizabeth Warren, saisissent la Federal Trade Commission (FTC). Ils dénoncent des pratiques potentiellement trompeuses, notamment les promesses initiales de « Made in USA » et les retards interminables.

Un business qui tourne… sans le téléphone

Pendant ce temps, Trump Mobile propose bel et bien des forfaits mobiles à 47,45 dollars par mois – un clin d’œil aux 45e et 47e présidences de Donald Trump. Sans engagement et avec une couverture assurée par les grands opérateurs américains, ce service fonctionne, lui, sans accroc. Seule ombre au tableau : l’absence persistante du T1, ce smartphone qui devait incarner l’excellence technologique made in Trump.



Une histoire qui rappelle d’autres controverses

Ce fiasco s’inscrit dans une longue série de projets commerciaux portés par le clan Trump, souvent critiqués pour leurs méthodes. Récemment, World Liberty Financial, une société de cryptomonnaies cofondée par Donald Trump Jr. et Eric Trump (avec Donald Trump en fondateur émérite), a généré des centaines de millions de dollars. Selon les documents internes, jusqu’à 75 % des revenus issus de la vente de tokens reviennent à la famille. Donald Trump a d’ailleurs déclaré plus de 57 millions de dollars de revenus issus de ce projet dans ses déclarations financières.

En avril 2026, le milliardaire Justin Sun, qui avait investi entre 45 et 75 millions de dollars dans l’entreprise, porte plainte contre World Liberty Financial. Il l’accuse de fraude, de rupture de contrat et d’extorsion, affirmant que ses tokens ont été gelés et ses droits de vote supprimés pour le forcer à promouvoir d’autres produits. Des rapports parlementaires démocrates ont par ailleurs révélé des opérations impliquant des intérêts étrangers, dont une vente partielle de parts à une entité liée aux Émirats arabes unis pour 500 millions de dollars.

L’art Trump de la vente… ou de l’escroquerie légalisée ?

Ces affaires, comme celle de Trump Mobile, illustrent une constante dans les ventures entrepreneuriales de la famille Trump : des promesses marketing ambitieuses, des retards à répétition, des pivots stratégiques, et des questions récurrentes sur la protection des consommateurs. À ce jour, Trump Mobile n’a toujours pas communiqué de calendrier précis pour la livraison du T1, ni répondu aux demandes de précisions des médias. Les clients mécontents peuvent toujours demander un remboursement via le site ou le service client… s’ils parviennent à joindre quelqu’un.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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