
Officiellement, il vise à renforcer le suivi individualisé des patients et à promouvoir la prévention, notamment via la vaccination. Officieusement, il s’agit d’une prime déguisée pour inciter les praticiens à aligner leurs prescriptions sur les directives de l’État.
Dorénavant, votre médecin référent vérifiera si vous êtes à jour de vaccination ou de dépistage, il gagnera 5 € chaque fois qu’il vous convaincra de vous faire vacciner ou dépister à chaque examen réalisé!
Les médecins reçoivent déjà une prime de 5 500 € en moyenne s’ils… pic.twitter.com/gApbDeTvJS— 🇫🇷 fred le gaulois 🇫🇷 Uniondesdroites 🐱🐱 (@FredGaulois) May 7, 2026
5 € par vaccin : la santé à la pièce
Le volet « prévention » du FMT repose sur 15 indicateurs, principalement axés sur la vaccination, les dépistages organisés et le suivi des pathologies chroniques. Pour chaque indicateur validé chez un patient, le médecin perçoit 5 €, même si l’acte a été réalisé par un autre professionnel (pharmacien, infirmier, spécialiste…). La validation ? Elle s’effectue automatiquement via les données de remboursement enregistrées dans le système Ameli. Parmi les indicateurs phares : les vaccins contre la grippe, le Covid-19, le pneumocoque, le méningocoque, le papillomavirus (HPV) ou encore le ROR, ainsi que les dépistages des cancers du sein, du col de l’utérus et colorectal.
Un tableau de bord pour traquer les récalcitrants
L’Assurance Maladie a même prévu un outil pour faciliter la chasse aux patients non conformes : un tableau de bord dynamique, accessible via le portail AmeliPro, mis à jour mensuellement. Il permet aux médecins de visualiser, patient par patient, les indicateurs à jour… ou ceux qui restent à cocher. Fini la logique globale de l’ancienne ROSP : place à un suivi individualisé, où chaque patient devient une case à cocher, et chaque case, une source de revenus.
Prévention ou économies ? Le vrai mobile du FMT
Cette réforme s’inscrit dans une volonté affichée de valoriser le rôle du médecin traitant dans la prévention. Officiellement, l’objectif est d’améliorer les taux de vaccination et de dépistage pour détecter plus tôt les maladies et limiter les coûts futurs. Officieusement, elle intervient dans un contexte budgétaire désastreux : le déficit de l’Assurance Maladie était projeté à 16 milliards d’euros pour 2025. Coïncidence ? La dernière ROSP, versée en avril 2026 pour l’année 2025, a représenté en moyenne 5 520 € par généraliste pour les seuls objectifs de santé publique, dont une part importante liée aux vaccinations. Avec le FMT, la rémunération prévention sera versée annuellement (premier versement en 2027).
Un dispositif réservé aux médecins traitants… et à leurs patients dociles
Contrairement à l’ancienne ROSP, le volet prévention du FMT est exclusivement réservé aux médecins déclarés comme traitants par leurs patients. Le forfait socle (partie fixe) est modulé selon l’âge, la présence d’une affection de longue durée (ALD) ou la situation sociale du patient, avec une majoration pour les bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire. Les versements, désormais trimestriels, offrent une lisibilité accrue… et une pression constante pour atteindre les objectifs.
Cette mesure marque une évolution majeure : la rémunération des médecins libéraux passe d’une logique collective à une approche personnalisée et incitative, patient par patient. L’Assurance Maladie présente ce forfait comme un levier concret pour renforcer la prévention. En réalité, il s’agit d’un système où le médecin devient commercial de sa propre patientèle, et où la santé se monnaye à coups de 5 € par indicateur.










