
Un vote symbolique, une défaite annoncée
Le contexte ? L’examen du projet de loi d’urgence agricole. Le gouvernement proposait déjà d’interdire les achats hors Union européenne, sauf indisponibilité. Mais Aurélie Trouvé a voulu aller plus loin : remplacer « Union européenne » par « territoire français ». Contre toute attente, l’amendement a été adopté par 64 voix contre 31, avec le soutien du Rassemblement national.
C’est strictement interdit par l’UE, vous le savez parfaitement, et vous refusez d’en sortir : donc encore de l’enfumage.
Vous faites comme le RN : mensonge sur mensonge.
DEHORS ! https://t.co/iSaeVbTJAS
— Florian Philippot (@f_philippot) May 29, 2026
Bruxelles veille
Le rapporteur Julien Dive (LR) et le gouvernement ont immédiatement crié au scandale, soulignant le caractère « non conforme au droit européen » du texte. Traduction : la France peut bien voter ce qu’elle veut, l’UE, elle, s’en moque éperdument. Libre circulation des marchandises, non-discrimination, règles des marchés publics… Autant de concepts bruxellois pour rappeler à Paris que la souveraineté alimentaire est un leurre.
Le RN et les écologistes : deux poids, deux mesures
Le Rassemblement national a saisi l’occasion pour dénoncer « la soumission » du gouvernement face aux « règles absurdes européennes ». Les écologistes, eux, ont préféré s’abstenir, certains allant jusqu’à déclarer préférer « du bio espagnol à Perpignan plutôt qu’un produit français non-bio ». La fibre patriotique a visiblement des limites.
Aurélie Trouvé, héroïne malgré elle
On imagine la scène : Aurélie Trouvé brandissant son amendement comme un étendard, protégeant nos enfants des légumes polonais et des yaourts bulgares. Belle image. Dommage que ce vote ne soit qu’un théâtre d’ombres. Un amendement mort-né, condamné par les traités que la France a elle-même signés.
L’UE, toujours gagnante
Pendant ce temps, les cantines continueront de se fournir où c’est le moins cher, c’est-à-dire souvent ailleurs. Aurélie Trouvé pourra tweeter sa « victoire » en se drapant dans le drapeau tricolore, avant que la Commission européenne ne lui rappelle, avec son sourire condescendant, que la France n’est pas souveraine sur son assiette.
La farce continue
Bravo donc à la députée LFI pour ce coup d’éclat. Grâce à elle, on sait désormais que l’on peut voter du 100 % France dans les cantines… tant qu’on ne le fait pas vraiment. L’Europe, elle, reste la grande gagnante. Comme toujours.










