Malgré les attaques de drones ukrainiens, le Forum économique de Saint-Pétersbourg s’est déroulé “normalement” jusqu’au samedi 6 juin. Selon le gouverneur de la ville, environ 10 milliards de dollars d’accords ont été signés avec la région. Les organisateurs évoquent au total plus de 1000 accords signés durant cet événement, par lequel Moscou entend démontrer que ses marchés intéressent toujours le reste du monde.
Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) s’est ouvert le 3 juin dans un contexte exceptionnellement tendu. Cette édition 2026 était particulière car elle s’est déroulée parallèlement à une importante attaque de drones ukrainiens, le jour même de l’ouverture. Dans la nuit du 2 au 3 juin, les forces armées ukrainiennes ont lancé une attaque de grande envergure visant les infrastructures de Saint-Pétersbourg, précisément au moment où le forum s’ouvrait. Les drones ont frappé le terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg et la base militaire de Kronstadt, à environ 16 kilomètres du lieu du forum, causant des interruptions temporaires à l’aéroport de la ville et des ruptures de l’internet mobile.
“140 pays”
Les autorités russes ont annoncé avoir intercepté et détruit 50 drones à voilure fixe durant la nuit, tandis que le gouverneur Alexandre Beglov a confirmé que plusieurs infrastructures avaient été endommagées et que plusieurs personnes avaient été blessées à des degrés divers par les débris des appareils abattus, bien qu’aucun décès n’ait été signalé. Le ministère russe de la Défense a indiqué que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté 354 drones ukrainiens à travers au moins 15 régions et la Crimée annexée, dont 59 seulement sur la région de Leningrad.
Le forum s’est poursuivi normalement, avec la participation d’environ 24 000 invités venant de plus de 140 pays selon les chiffres officiels, avec l’Arabie saoudite comme invité d’honneur. L’événement, surnommé auparavant le “Davos russe”, a eu lieu dans un contexte économique tendu pour Moscou. Ce Moscou même, que l’Occident entend isoler économiquement à base de rafales de sanctions. Pour le Kremlin, le SPIEF est aussi une manière de rejeter les affirmations selon lesquelles la Russie est isolée.
Clôturé samedi 6 juin, le forum a enregistré un résultat record selon le gouverneur de la deuxième ville russe. “À l’occasion du SPIEF 2026, qui s’est achevé récemment, Saint-Pétersbourg a signé 74 accords, dont 41 accords d’investissement, pour un montant total de 731,72 milliards de roubles”, soit 9,95 milliards de dollars, à en croire Alexandre Beglov. “Il s’agit du troisième meilleur résultat jamais enregistré dans l’histoire du forum. Le nouveau SPIEF est devenu l’un des forums les plus productifs pour la ville”, a-t-il ajouté.
Pour ce qui est du nombre total d’accords signés lors de cet événement, Anton Kobyakov, conseiller du président Vladimir Poutine et secrétaire exécutif du comité d’organisation du SPIEF, affirme qu’il est question d’un millier de signatures pour une valeur de plus de 6 600 milliards de roubles, soit 90,43 milliards de dollars environ.
“Le forum a également démontré que les investisseurs occidentaux manifestent un intérêt prudent pour un retour en Russie. Au total, 1 084 accords d’une valeur de 6 642 milliards de roubles ont été signés lors du forum”, a-t-il ajouté.
Il en veut pour preuve de cet intérêt occidental, la participation, “pour la première fois en 10 ans”, d’une délégation officielle américaine. De son avis, cette présence américaine montrerait un “changement d’attitude” de la part de Washington vis-à-vis de Moscou.
“Il convient de noter que l’attitude des États-Unis à l’égard de la coopération a apparemment évolué. Et c’est très important car, auparavant, du moins sous la présidence de Joe Biden, le Département d’État envoyait des directives à travers le monde interdisant toute participation au forum de Saint-Pétersbourg”, a-t-il rappelé.
Le SPIEF se veut le Davos du “nouvel ordre mondial multipolaire”
Le programme du forum était principalement axé sur la mise en place d’un “nouveau modèle de développement mondial”, un sujet repris par le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, lors de son discours, dans lequel il a insisté sur l’émergence d’un “nouvel ordre mondial multipolaire”.
En se référant aux BRICS et en reprenant les chiffres communiqués à propos de cette alliance, le président russe a affirmé que le monde traverse “la plus grande transformation de ces dernières décennies”, marquée par le passage d’un modèle hiérarchique dominé par une poignée de puissances occidentales à un système distribué où les pays du Sud Global deviennent de nouveaux centres de croissance.
La participation européenne la plus importante est celle de l’Allemagne, notamment des députés du parti Alliance pour l’Allemagne (AfD), dont la présence a suscité une polémique dans le pays. Des hommes d’affaires, possédant des activités en Russie ou la double nationalité figurent aussi parmi les visiteurs et intervenants.










