Comment est votre café ? Une étude internationale alerte sur l’usage massif de pesticides dangereux dans la production mondiale de café. Une tasse sur cinq contiendrait des résidus, tandis que les producteurs, eux, paient le prix fort de cette dépendance chimique.
D’après un rapport publié le 23 juin par Coffee Watch, Inkota, Deutsche Umwelthilfe et Pesticide Action Network UK, une part importante de la filière mondiale repose sur des pesticides classés comme hautement dangereux. Le document, relayé par Reporterre, affirme qu’« une tasse sur cinq » serait susceptible de contenir des résidus de pesticides. Le chiffre vient notamment de données montrant que 19 % des échantillons de café vert analysés contiennent des résidus.
Le rapport recense au moins 159 substances actives utilisées dans la culture du café au Brésil, au Kenya et en Colombie. Selon ses auteurs, 60 à 77 % d’entre elles sont classées comme pesticides hautement dangereux, et 59 % sont interdites dans l’Union européenne. Certaines sont liées à des risques de cancer, de troubles neurologiques, de perturbations endocriniennes ou d’atteintes à la reproduction.
Des substances interdites sur les terres européennes peuvent encore être fabriquées ou exportées vers des pays producteurs, où les règles sont moins strictes. Le café revient ensuite sur les marchés occidentaux, parfois avec des traces de ces mêmes molécules. PAN Europe avait déjà signalé en 2024 que 23 % des échantillons de café analysés dans les données officielles européennes de 2022 contenaient des pesticides interdits dans l’UE. L’organisation parle d’un « double standard » commercial et sanitaire, qui n’est pas vrai que pour le café, soit dit en passant.
Les consommateurs ne sont pas les seules victimes. Dans les plantations, les ouvriers agricoles manipulent les produits, les respirent, les transportent sur leurs vêtements. Le rapport évoque des intoxications aiguës, des troubles respiratoires, des atteintes cutanées et des risques chroniques. En République dominicaine, 87 % des agriculteurs interrogés ont déclaré ne pas porter de masque ni de gants. En Inde, deux tiers n’utiliseraient aucune protection. Le rapport souligne également la toxicité de plusieurs substances pour les abeilles, les poissons, les insectes auxiliaires et les vers de terre. À force de protéger les grains, la filière fragilise les sols qui les portent.










