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De la performance à la pudibonderie : l’Europe du sport veulent voiler les images des championnes

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Dans un élan de vertu qui sent bon le conformisme ambiant, les instances européennes du sport et de la diffusion viennent de publier un guide de 23 pages intitulé Raising the Bar. Objectif affiché ? Éviter la “sexualisation” des athlètes féminines en athlétisme via des angles de caméra trop insistants. Fini les plans bas, les zooms sur les corps en mouvement ou les ralentis qui, selon eux, pourraient prêter à confusion.

Ouest-France rapportait déjà en 2024 des consignes similaires lors des JO de Paris, où l’Olympic Broadcasting Services exhortait les cadreurs à traiter hommes et femmes de manière identique, dénonçant des “biais inconscients” sexistes. Aujourd’hui, l’Union européenne de radiodiffusion (EBU) et European Athletics poussent le curseur plus loin avec des illustrations détaillées : plans larges préférés, évitement des vues plongeantes ou arrière trop serrées. Le document, insiste sur le respect de la “dignité” face aux abus en ligne, mais pose une question gênante : pourquoi cette obsession sélective pour le sport féminin ?
Sur X, Aldo Sterone n’y va pas par quatre chemins : “Les instances des médias et du sport en Europe veulent proscrire certains plans de caméras lors des jeux féminins. Et pourquoi ne pas les obliger à jouer en hijab ou sans les caméras ?” Le ton provocateur révèle un malaise plus large. Au moment où le sport féminin gagne en visibilité, on le “protège” en l’ aseptisant, comme si le corps athlétique féminin devait disparaître derrière un voile numérique pour ne pas offenser.

crédits : EBU

Critiques et internautes y voient une capitulation rampante face aux pressions culturelles, où la pudeur importée rencontre le puritanisme woke. Plutôt que de célébrer la puissance et la grâce sans filtre, on censure l’image pour coller à une norme asexuée. 

S’achemine t-on vers des compétitions filmées comme un documentaire ou un film bien propre, bien scripté, où même les étreintes spontanées, les échanges de dos avec le public ou les gestes d’émotion brute seront probablement jugés trop risqués pour passer à l’écran ? Or le sport n’est pas seulement de la technique froide. L’émotion à vif, l’échange avec le public, la spontanéité des athlètes, ce sont ces moments humains qui rendent les événements vraiment beaux et mémorables.

En voulant tout aseptiser au nom de la “dignité”, on risque surtout de vider le sport féminin de sa chair vive et de son âme. Une bien étrange manière de “faire progresser” le sport féminin.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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