Pour la première fois depuis 2023, la France remonte à la tête du classement européen… des dépenses publiques. Selon les derniers chiffres de l’office européen des statistiques, Eurostat, la dépense publique de l’Hexagone est de l’ordre de 57,3 % de son PIB au début 2026, un niveau inférieur à son record en 2020 mais bien supérieur à 2023 ou encore 2019. Une trajectoire qui confirme un modèle budgétaire sous haute tension, alimenté par des dépenses élevées, une dette en hausse et un déficit qui reste durablement important.
Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee fin mars 2026, la France a clôturé l’année 2025 avec un déficit public de 152,5 milliards d’euros, soit 5,1 % du produit intérieur brut (PIB), après 5,8 % en 2024 et 5,4 % en 2023. La dette publique, au sens de Maastricht, s’établit à 3 536 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2026, représentant 117,6% du PIB, contre 112,6% en 2024.
Peu de place à l’optimisme
Le déficit et cette dette se creusent de manière continue depuis plusieurs années, plaçant la France parmi les pays les plus endettés de la zone euro, derrière seulement la Grèce et l’Italie. Cette dégradation a conduit Bruxelles à ouvrir, durant l’été 2024, une procédure pour déficit excessif à l’encontre de la France. Paris ne respectait plus les critères européens d’un déficit inférieur à 3 % du PIB et d’une dette inférieure à 60 % du PIB. La Commission européenne a décidé en juin 2025 de ne pas prendre de mesures supplémentaires dans le cadre de cette procédure, malgré “quelques petits dérapages” constatés. Bercy, de son côté, a réitéré ses engagements.
Le gouvernement Bayrou ne parvient pas à faire adopter un budget crédible et chute. Les gouvernements successifs se retrouvent alors dans une quête constante de ressources pour financer des dépenses croissantes, empilant les mesures fiscales et les hausses d’impôts sans véritable stratégie de stabilisation de la dette à long terme. Dans son dernier rapport, la Cour des comptes a d’ailleurs fait remarquer que les dépenses publiques continuent de progresser plus rapidement que l’activité économique.
Les alertes se sont multipliées de la part des principales institutions internationales. Le FMI, dans ses conclusions de mai 2026, a mis en garde contre des risques budgétaires croissants, estimant que les politiques actuelles sont “peu susceptibles” de permettre à la France d’atteindre l’objectif de 3 % de déficit en 2029. Parallèlement, les agences de notation ont dégradé la note souveraine française. Affirmant pouvoir revenir à un déficit limité à 5 % en janvier dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est finalement dit “pas très optimiste” la semaine dernière.
L’office européen de statistiques vient de confirmer une nouvelle “prouesse”. Selon Eurostat, au début de 2026, la France s’est classée première en matière de dépenses publiques avec un pourcentage de 57,3 % du produit intérieur brut. Le pays se classe devant la Finlande (56,8 %) mais surtout bien au-delà de la moyenne de l’Union européenne (49,8 %). La dépense publique correspond à l’ensemble des dépenses des administrations publiques rapportées au produit intérieur brut.
Après un pourcentage plus bas à 55,1 % début 2019, le ratio a bondi à 61,7 % pendant le Covid, plaçant la France en haut du tableau, avant de revenir à 56,8 % en 2023 tout en restant en tête du classement.
125 milliards en 5 ans
En matière de déficit, la France se classe quatrième, après la Bulgarie (-7,6 %), la Hongrie (-6,6 %) et la Pologne (-5,9 %). Quant à la dette, Paris est classé troisième derrière l’Italie (138,9 %) et la Grèce (143,5 %), bien loin de la moyenne européenne de 82,9 %, poursuivant ainsi son endettement pour financer son train de vie.
Mi-juillet, des économistes missionnés par le gouvernement tablent sur une dette publique de 130 % du PIB en 2030, si les autorités ne prennent pas le taureau par les cornes. Ce creusement, les auteurs du rapport l’attribuent aux intérêts même de la dette, qui augmenteraient d’environ 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.
Les dépenses de retraite, entraînées par le vieillissement de la population, au même titre que les dépenses de santé, contribueront à aggraver cet état. Au total, les économistes estiment à 125 milliards d’euros le montant minimal nécessaire pour stabiliser les finances publiques d’ici 5 ans.










