
Il fallait simplement ouvrir le Weekly Oil Bulletin de la Commission européenne et regarder deux colonnes.
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Pour la semaine du 3 août 2026, le diesel ressort à 2,216 euros le litre en France et 1,794 euro en Espagne. Sur un plein de 50 litres, la différence dépasse 21 euros.
Jusque-là, on peut sortir le catalogue habituel : pétrole, raffinage, géopolitique, détroit d’Ormuz, marché mondial. Très bien.
Mais avant taxes, le diesel coûte environ 1,239 euro en France et 1,232 euro en Espagne.
Sept dixièmes de centime de différence.
0,7 centime devient 42,2 centimes après passage à la caisse
C’est là que la comparaison devient beaucoup moins confortable pour Bercy.
Entre le prix hors taxes et le prix payé par l’automobiliste, environ 97,7 centimes par litre viennent s’ajouter en France, contre environ 56,2 centimes en Espagne.
La différence de ces prélèvements représente donc à elle seule environ 41,5 centimes, alors que l’écart final entre les deux pays est de 42,2 centimes.
En clair : presque tout l’écart franco-espagnol constaté cette semaine sur le diesel apparaît après le prix hors taxes.
Le baril peut reprendre son souffle, il n’est manifestement pas seul à faire tourner le compteur.
Quand le carburant flambe, les recettes fiscales aussi
Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est même pas une accusation sortie d’un tract anti-Macron.
Le ministère de l’Économie l’a lui-même annoncé : en mars 2026, les recettes liées aux carburants ont augmenté de 270 millions d’euros par rapport à mars 2025.
Oui, 270 millions.
L’automobiliste regarde défiler les euros sur la pompe. Bercy regarde rentrer les siens.
La situation devenait d’ailleurs suffisamment cocasse pour que le gouvernement réunisse les distributeurs le 12 mars. À l’issue de la réunion, Bercy annonçait des baisses de 10 à 30 centimes par litre ou des plafonnements de prix consentis par les enseignes.
Le principe était limpide : devant l’explosion de la facture, demander aux distributeurs de réduire leur morceau.
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La fiscalité de l’État, elle, restait beaucoup moins négociable.
Quand la pompe devient trop chère, la macronie convoque donc celui qui vend le carburant. Pas celui qui prélève dessus.
Et l’essence réussit à faire encore mieux
Le cas de l’essence vaut également le détour.
Hors taxes, l’Euro-super 95 revient à environ 1,031 euro en France contre 1,050 euro en Espagne.
Vous avez bien lu : avant prélèvements, le carburant est légèrement moins cher en France.
À la pompe, pourtant, le résultat s’inverse complètement : 2,066 euros en France contre 1,687 euro en Espagne.
Le produit part moins cher et arrive 37,9 centimes plus cher.
Une transformation remarquable qui ne nécessite ni raffinerie supplémentaire ni nouveau gisement : seulement une administration fiscale en pleine forme.
La solution macroniste : emprunter pour payer son carburant
Le gouvernement avait même trouvé, au printemps, une réponse digne de l’époque : le « Prêt Flash Carburant », destiné initialement à certains professionnels particulièrement touchés par la hausse.
Il fallait oser le concept : lorsque le carburant devient trop cher, plutôt que de commencer par sabrer durablement les prélèvements, on peut toujours proposer de la dette.
Le contribuable paie son carburant, ses taxes et, s’il n’y arrive plus, emprunte pour continuer à travailler.
La boucle est bouclée.
Au fond, les chiffres européens racontent l’affaire beaucoup mieux que n’importe quel discours ministériel : 1,239 euro contre 1,232 euro avant taxes ; 2,216 euros contre 1,794 euro après.
Entre les deux, il y a 42 centimes.
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Et pour une fois, difficile de les mettre intégralement sur le dos de Poutine.










