200 à 300 personnes ont marché jusqu’au chantier d’un futur entrepôt Amazon à Derval, dimanche 28 juin, pancartes hostiles en main. Le projet, dévoilé début juin lors du sommet Choose France, ravive la colère d’un collectif de riverains qui dénonce des années de silence sur l’identité du géant américain installé sur leur commune.
Le cortège s’est étiré depuis le bourg jusqu’au parc d’activités des Estuaires, à trois kilomètres du centre-ville, où les engins ont déjà entamé le terrassement. Selon ICI Loire Océan, 200 à 300 opposants ont défilé jusqu’au chantier ce dimanche, certains vêtus de gilets jaunes. Sur une pancarte, le mot « cachotteries » résume l’état d’esprit du collectif de riverains mobilisés. Sylvie, qui en fait partie, met des mots sur cette colère : « ce qu’on n’accepte pas, c’est qu’on nous l’a caché. » Le même collectif redoute déjà la suite, avec un projet d’entrepôt destiné à stocker des matières combustibles qui se profile à La Sablière, un peu plus bas dans la vallée.
Le site avait été annoncé le 1er juin, lors du sommet Choose France organisé à Versailles. Selon un communiqué de l’entreprise, ce centre de distribution, le premier du groupe en Pays de la Loire, représente un investissement de plus de 100 millions d’euros et doit créer 1 000 emplois en contrat à durée indéterminée d’ici sa mise en service, prévue fin 2027. Le site sera équipé des dernières technologies robotiques développées par le groupe, un détail qui alimente justement le scepticisme des opposants sur la pérennité de ces postes.
Ce nouvel épisode n’est pas une première dans le secteur. Six ans plus tôt, un projet Amazon avait déjà visé Montbert, une commune voisine, avant d’être abandonné face à une mobilisation comparable. Alain Thalineau, sociologue qui animait alors le collectif « Amazon ni ici ni ailleurs », reste vigilant. « Il faut à tout prix bouger ! », lance-t-il, rapporte France 3 Pays de la Loire. Il dénonce des emplois précaires, loin de la promesse des 1 000 postes en CDI.










