BMW s’apprête à engager une vaste réorganisation de ses effectifs. Le constructeur allemand prévoit la suppression d’environ 8.000 postes d’ici à la fin de 2027, principalement par le biais de départs volontaires et du non remplacement de certains départs naturels. En Allemagne, près de 40.000 salariés pourraient être concernés par une proposition de départ, essentiellement dans les fonctions administratives, la recherche, le développement et le management.
Cette annonce dépasse le seul cas de BMW. Depuis deux ans, les plans d’économies se succèdent dans l’automobile européenne. Volkswagen a engagé un vaste programme de réduction des coûts portant sur plusieurs dizaines de milliers de postes. Audi prévoit la suppression d’environ 7.500 emplois en Allemagne d’ici 2029, Porsche a annoncé la réduction de près de 3.900 postes et Mercedes-Benz poursuit lui aussi ses mesures de rationalisation. Chez Stellantis, plusieurs milliers d’emplois ont disparu à travers des restructurations et des départs volontaires.
Ces difficultés s’expliquent par plusieurs facteurs. Les constructeurs doivent financer une transition imposée vers le véhicule électrique particulièrement coûteuse, alors même que la demande européenne progresse moins vite qu’espéré. Dans le même temps, BMW fait face à un recul marqué de ses ventes en Chine, son premier marché mondial.
La montée en puissance des constructeurs chinois accentue encore la pression. Des groupes comme BYD, Geely ou SAIC bénéficient d’une avance industrielle dans les batteries et les véhicules électriques. L’Union européenne estime également que ces entreprises ont profité d’importantes aides publiques chinoises, au point d’ouvrir une enquête antisubventions qui a débouché sur l’instauration de droits de douane supplémentaires sur certains véhicules électriques importés de Chine.
Sauf retournement du marché, les annonces de suppressions de postes et de nouveaux plans d’économies pourraient continuer de rythmer l’actualité du secteur dans les prochains mois, laissant planer de nouvelles incertitudes sur l’avenir de l’emploi automobile en Europe.










