
Les cabinets conseil : une ruine !
Les comités Théodule sont 317 « commissions et instances consultatives ou délibératives rattachées directement au premier ministre, aux ministres et à la Banque de France ». Le budget total de fonctionnement de ces commissions était de 30 millions d’euros en 2023. Une goutte d’eau dans la masse des dépenses publiques de cabinets conseil, lesquelles sont passées de 25 millions d’euros en 2014 à 2,5 milliards d’euros, soit + 329 % en six ans en 2021. En 2021, le cabinet Accenture a même été mandaté pour aider les services de l’État à réaliser 800 millions d’euros d’économies ! Selon un document budgétaire, 2 828 cabinets ont reçu des commandes de l’État entre début 2022 et fin 2023. Depuis le scandale McKinsey, les dépenses engagées pour des missions de conseil se seraient effondrées, selon Le Figaro.
Un cabinet conseil interne à l’État, est-ce efficace ?
L’État va-t-il se contenter d’avoir recours à ses comités Théodule si peu coûteux tous comptes faits ? Pas du tout ! Il a ouvert sa propre agence de conseil interne en 2024, la Délégation interministérielle à la transformation publique.Les consultants seraient 55. Dans l’équipe, Clotilde Reullon vient de Capgemini où elle est restée 12 ans et 9 mois. Celui qui dirige, Thierry Lambert, est diplômé de Saint-Cyr et de l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale et titulaire d’un Master en Administration et Gestion Publiques. Il a travaillé dans le privé chez Saint-Gobain et Timber Group. Délégué à la Direction interministérielle de la transformation publique depuis 2019, il a depuis ouvert largement les vannes des marchés de l’État aux cabinets conseils. À présent il est censé leur faire concurrence. Il connaît bien ce milieu, puisque son fils, après y avoir fait un stage, a été recruté par McKinsey… Un parfait conflit d’intérêts qui ne semble pas le gêner :
Un stage « pour lequel je ne suis absolument pas intervenu, il le doit à ses seuls mérites. Comme à l’issue de ce stage, il a eu une proposition d’embauche pour septembre 2022, je me suis immédiatement déporté. Je n’ai plus aucun contact avec McKinsey en lien avec le marché-cadre qui nous lie actuellement. Évidemment, je me déporterai en faveur de mon adjoint pour le prochain marché si McKinsey se présente à une des offres de l’appel d’offres, je serai bien entendu exclu de l’analyse, de la négociation et des décisions sur McKinsey. »
Le mot d’ordre de la Direction interministérielle de la transformation publique : la simplification et — tenez-vous bien ! — l’accompagnement des administrations dans le recours aux consultants externes.
Les Comités Theodule ne servent à rien, mais ne coûtent pas très cher
Ne pouvait-on se contenter des comités Théodule si économes en millions et pourtant décriés par ceux qui soutiennent la gabegie (en milliards) de l’État ?
Il y a l’embarras du choix et les comités Théodule sont valables en toutes circonstances. En voici tirés au hasard dans l’annexe au projet de finances 2025 :
- Conseil consultatif de l’île de La Passion-Clipperton entourée par une zone de pêche au thon parmi les plus importantes au monde.
- Commission consultative chargée d’émettre un avis sur les matériels susceptibles de porter atteinte à l’intimité de la vie privée et au secret des correspondances
- Commission d’enrichissement de la langue française : elle nous propose d’utiliser vérification des faits au lieu de fact checking, démystifier au lieu de debunker et badminton de plein air au lieu de airbadminton. Qui y trouverait à redire ?
- Conseil national de la montagne, mais aussi Conseil national des villes : il manque le Conseil national de la campagne et cela ne peut que soulever une juste indignation.
- Comité de l’environnement polaire dont l’ambassadrice Ségolène Royal a coûté 150 000 euros, ce qui est peu par rapport à ce qu’ont coûté les rapports McKinsey sur tout et n’importe quoi.
- Commission de la rémunération équitable, Comité de la prévention et de la précaution : qui y trouverait à redire ?
- Commission de labellisation du label diversité. Il ne s’agit pas de contrôler l’AOC sur les produits du terroir, mais de prévenir les discriminations fondées sur un ou plusieurs des 26 critères de discrimination définis par la loi, dont l’origine, le sexe, etc.
- L’Observatoire national du suicide n’a pas utilisé la totalité des fonds en raison de la charge de travail liée à l’élaboration des actes juridiques nécessaires à la prorogation de l’Observatoire du suicide (texto).










