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Des expertes africaines et asiatiques privées de visas pour le congrès des sages-femmes de Lisbonne

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L’AFP révèle que de nombreuses sages-femmes originaires d’Afrique et d’Asie se sont vu refuser des visas européens pour participer au congrès international qui s’ouvre dimanche à Lisbonne. Organisateurs et invitées dénoncent ces refus qui pourraient limiter les échanges sur la santé maternelle et infantile.

Le 34ᵉ congrès triennal de la Confédération internationale des sages-femmes doit débuter le 14 juin au Portugal. Cette rencontre, organisée tous les trois ans, vise à réduire les 260 000 décès annuels de femmes pendant la grossesse ou l’accouchement et les 4,2 millions de bébés mort-nés ou décédés dans leur premier mois de vie. Ces drames touchent particulièrement l’Afrique et l’Asie du Sud, régions où les sages-femmes jouent un rôle essentiel sur le terrain.

Au moins vingt intervenantes clés ont été privées d’entrée en Europe à la dernière minute. Les pays concernés incluent le Nigeria, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, l’Éthiopie, la Sierra Leone, la République démocratique du Congo, le Bangladesh et l’Inde. D’autres déléguées auraient également été touchées par ces décisions tardives, malgré des dossiers complets comprenant invitations officielles, inscriptions confirmées et preuves de retour.

Harriet Akello, directrice de la sage-femmerie pour Mother Health International en Ouganda, devait animer une session sur les directives permettant de sauver des mères et des bébés dans des conditions difficiles. Son visa a été refusé jeudi dernier, alors qu’elle avait déposé sa demande plus d’un mois auparavant. « J’étais prête à diriger une session sur la manière dont des directives fondées sur des preuves peuvent sauver des femmes et des bébés dans les conditions les plus dures », a-t-elle déclaré.

Kate Stringer, conseillère auprès de l’organisation, a exprimé son inquiétude : « Nous avons besoin d’entendre les chercheurs de premier plan, ceux qui sont en première ligne pour lutter contre les décès évitables. Toutes les deux minutes, une mère meurt. Ces refus de visas réduisent au silence celles que nous avons le plus besoin d’entendre. » Elle a évoqué un « biais colonial », notant que les délégués des pays riches avaient tous obtenu leurs visas sans difficulté.

La Confédération internationale des sages-femmes a publié ce vendredi une lettre ouverte signée par 108 leaders sages-femmes du monde entier. Ce texte demande un réexamen urgent des refus et rappelle que ces professionnelles sont des expertes invitées, munies de toutes les justifications nécessaires. Il insiste sur l’importance de leur participation pour un dialogue mondial efficace sur la santé maternelle.

Parmi les cas cités figurent deux déléguées de la Bangladesh Midwifery Society, qui ont contribué à recruter 5 000 sages-femmes supplémentaires dans leur pays, et une professeure assistante éthiopienne dont la demande a été rejetée pour des motifs financiers jugés insuffisants.

Samedi, une marche « One Million More » doit se tenir à Lisbonne pour sensibiliser à la pénurie mondiale de sages-femmes. Les organisateurs regrettent déjà l’absence de figures clés du Sud global. Ces informations, relayées également par Mediapart, soulèvent des questions sur l’accès équitable aux forums internationaux pour les professionnels venus de ces régions. Le congrès constitue pourtant une occasion unique d’échanger sur les stratégies les plus efficaces pour améliorer la survie des mères et des nouveau-nés.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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