
L’État hors-la-loi,l’État raciste pénètre illégalement sur un terrain privé pour faire interdire un https://t.co/09PotdQ6QU mafia qui contrôle la France n’a plus de limites.Les forces de l’ordre sont humiliées.
Barbara Butch est surprotégée,tandis que Dieudonné est interdit pic.twitter.com/2wFd5qfYh9— Dieudonné Officiel (@MbalaDieudo) August 3, 2026
Pour nous soutenir, veuillez désactiver votre bloqueur de publicités.
Publicité
La scène se déroule sur une propriété privée située près de Metz. Environ 500 spectateurs sont réunis devant Dieudonné et aucun trouble n’est signalé dans le public. La représentation a commencé depuis près de deux heures lorsque la sous-préfète et les forces de l’ordre pénètrent sur le terrain. Les organisateurs contestent aussitôt les conditions de cette intervention et invoquent le respect du droit de propriété. Un commissaire monte finalement sur scène pour notifier l’arrêté à l’humoriste, qui le signe à 21 h 15.
À Grenoble, le scénario institutionnel avait été sensiblement différent. Le 18 juillet 2026, le concert de Barbara Butch au Cabaret frappé était interrompu après une vingtaine de minutes, sur fond de protestation propalestinienne. La Ville a évoqué des jets de bouteilles, des menaces et un sabotage électrique, tandis que les images diffusées montraient principalement des slogans, des sifflets et des drapeaux palestiniens. Très vite, les plaintes, les déclarations politiques et les soutiens médiatiques se sont multipliés autour de Barbara Butch.
Près de Metz, l’arrêté arrive après deux heures de spectacle
La manière de procéder reste étonnante. Près de 500 personnes sont déjà installées, la représentation se déroule depuis deux heures et aucune agitation n’est rapportée. C’est à ce moment précis que l’administration décide de monter sur scène. La menace contre l’ordre public devait être particulièrement discrète : il aura fallu attendre 21 h 15 pour la découvrir.
La sous-préfète ne remet pas personnellement l’arrêté. Cette tâche revient à un commissaire que Dieudonné décrit comme « fort sympathique ». L’humoriste demande au public de filmer chaque instant, puis signe le document. Le spectacle est arrêté devant des spectateurs qui ne paraissaient, jusque-là, menacer ni la République ni la tranquillité de la Moselle.
Sur son compte officiel, Dieudonné accuse directement l’État :
« L’État hors-la-loi, l’État raciste pénètre illégalement sur un terrain privé pour faire interdire un spectacle. Les forces de l’ordre sont humiliées car au service d’associations communautaires. »
Les organisateurs parlent également d’un « abus de pouvoir manifeste ».
Reste une question très simple : pourquoi attendre que le spectacle soit largement commencé pour remettre la décision à l’artiste ? L’administration française connaît pourtant les horaires. Elle sait envoyer des contraventions, calculer des pénalités et retrouver un contribuable pour quelques euros. Mais lorsqu’il faut notifier à temps l’interdiction d’un spectacle réunissant 500 personnes, la montre préfectorale semble soudain fonctionner au ralenti.
Le spectacle s’arrête, la soirée devient une conférence
Plutôt que de poursuivre la représentation visée par l’arrêté, Dieudonné choisit d’y mettre fin. Il transforme alors la rencontre en conférence publique. Il aborde notamment ce qu’il présente comme l’« affaire Epstein-Rothschild » et ses ramifications dans les institutions françaises.
L’humoriste fait référence à des échanges attribués à Ariane de Rothschild et Jeffrey Epstein, dans lesquels son nom a été mentionné. Dieudonné estime que ces documents permettent de comprendre certaines mesures prises contre lui.
Pour nous soutenir, veuillez désactiver votre bloqueur de publicités.
Publicité
La transformation du spectacle en discussion publique produit une situation assez cocasse. L’État vient empêcher un humoriste de jouer, mais celui-ci continue de parler devant le même public sous une autre forme. La préfecture aura donc réussi à supprimer les plaisanteries sans supprimer les idées. Une grande victoire administrative, soigneusement tamponnée et signée à 21 h 15.
Barbara Butch : le soutien politique et médiatique en quelques heures
Le contraste est difficile à ignorer. Pour Barbara Butch, les forces de l’ordre protègent la scène et éloignent un spectateur désapprobateur. Pour Dieudonné, elles entrent sur une propriété privée et montent sur scène afin d’arrêter la représentation. Dans les deux cas, la police est présente. Seule la direction dans laquelle elle agit change.
La République semble ainsi proposer deux formules. La première comprend le soutien des élus, les tribunes d’artistes, les plateaux de télévision et la protection rapprochée. La seconde inclut l’arrêté préfectoral, la sous-préfète à l’entrée et le commissaire chargé de couper le spectacle. Les libertés publiques restent universelles, mais les options dépendent visiblement du nom inscrit sur l’affiche.
Dieudonné agressé, insulté et menacé : une indignation beaucoup plus calme
Les violences subies par Dieudonné ne sont pourtant pas imaginaires. En mars 2005, l’humoriste est agressé devant les locaux d’Antilles Télévision en Martinique. Trois hommes sont rapidement interpellés. Selon les sources proches de l’enquête citées à l’époque, ils étaient arrivés sur l’île avec des passeports israéliens.
En juin 2019, un automobiliste fonce avec un véhicule tout-terrain sur la scène en cours de montage où Dieudonné devait se produire à Neuvy-Sautour, dans l’Yonne. L’homme sera condamné en 2022 à vingt-quatre mois de prison, dont dix-huit avec sursis. Là encore, aucune grande mobilisation durable du monde de la culture n’a suivi.
En 2008, lors d’une émission de la Radio Télévision suisse, le producteur Pascal Bernheim déclare à propos de Dieudonné : « Ben, c’est un nègre. » L’humoriste porte plainte pour injure, diffamation et discrimination raciale. La procédure est classée. L’insulte raciste est restée visible et documentée, sans provoquer la mobilisation réservée à d’autres affaires.
Marc-Olivier Fogiel a, pour sa part, été condamné en 2005 après la diffusion dans son émission d’un message visant Dieudonné et évoquant « l’odeur des Noirs ». Le journaliste est ensuite devenu directeur général de BFMTV, tandis que l’humoriste continuait de voir ses spectacles interdits. Deux parcours qui donnent une définition assez originale des conséquences professionnelles.
Richard Malka avait également déclaré sur iTélé que la place de Dieudonné était « dans un asile ». L’avocat a été reconnu coupable d’injure publique en première instance en 2016, avant d’être relaxé en appel l’année suivante. On peut donc suggérer l’internement psychiatrique d’un artiste à la télévision et continuer d’être présenté comme un grand défenseur de la liberté d’expression. Tout dépend, là encore, de l’artiste.
En 2025, Dieudonné a reçu une menace de mort accompagnée d’insultes racistes. Sa plainte pour menace aggravée par la haine raciale est classée sans suite par le parquet de Chartres. Peu de responsables politiques réagissent. Aucun rassemblement de 300 artistes. Pas de grande soirée spéciale sur les chaînes d’information.
Pour nous soutenir, veuillez désactiver votre bloqueur de publicités.
Publicité
L’humoriste décrit d’ailleurs une contradiction difficile à résoudre : la justice lui demande de travailler pour régler ses condamnations financières, tandis que l’administration l’empêche régulièrement d’exercer son métier. Il doit donc payer, mais sans gagner d’argent grâce à ses spectacles. Le remboursement sans revenu : encore une spécialité française appelée à faire école.










