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Ferran Torres, héros de la finale, porte une casquette « Make Spain Great Again » et une croix catholique

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En Espagne, marquer le but du titre de champions de Monde ne dispense visiblement pas du contrôle idéologique.

Lors du défilé des champions du monde dans les rues de Madrid, l’attaquant espagnol est apparu torse nu, médaille au cou et casquette rouge sur la tête. Sur celle-ci, quatre mots : « Make Spain Great Again ». Une adaptation évidente du slogan de Donald Trump, suffisamment provocatrice pour faire tousser une partie de la presse et des réseaux sociaux.

Le joueur n’a pourtant prononcé aucun discours politique. Il célébrait simplement le titre mondial remporté par l’Espagne après sa victoire contre l’Argentine. Mais une casquette rouge portée par un homme heureux semble désormais pouvoir déclencher davantage d’analyses qu’un programme électoral complet.



Une foi catholique assumée sans demande d’autorisation

Autre détail peu compatible avec le portrait attendu du footballeur moderne : Ferran Torres porte une croix et une médaille représentant la Vierge Marie. Avant même la finale, il avait expliqué l’importance de ces objets dans son quotidien.

« J’ai la croix et une Vierge. Elles me donnent énormément de foi et, pour moi, c’est très important. »

Le joueur prie, remercie Dieu et ne ressent visiblement pas le besoin de dissimuler ses convictions pour obtenir un certificat de respectabilité. Une liberté banale sur le papier, mais qui devient presque exotique lorsque la foi catholique est publiquement revendiquée par un jeune sportif adulé.

Sumar félicite le champion avant de l’accuser

Le 21 juillet, Alberto Ibáñez, député de Compromís (coalition valencienne de gauche, écologiste et régionaliste) et porte-parole de Sumar (formation de la gauche espagnole, écologiste et féministe) sur les questions de logement, a commencé une conférence de presse en félicitant la sélection espagnole.

Selon l’élu, Eleven Future Invest, la société immobilière du footballeur, « accaparerait » vingt logements à Valence afin de spéculer. Il l’a placée dans la même phrase que les entreprises et les fonds vautours que Sumar souhaite empêcher d’acheter des habitations.

Le problème est que la présentation de Sumar est aujourd’hui contestée. Les informations disponibles ne permettraient pas d’affirmer que Ferran Torres possède personnellement vingt logements destinés à la spéculation, ni de comparer sa structure à un fonds vautour. L’attaque politique, elle, avait déjà fait son chemin.

Du héros national au suspect immobilier

Le calendrier est savoureux. Ferran Torres marque le but qui offre le Mondial à son pays, porte une casquette patriotique pendant les célébrations, parle de sa foi catholique et se retrouve presque immédiatement transformé en incarnation de la crise immobilière espagnole.

Que la politique du logement mérite un véritable débat ne fait aucun doute. Mais faire d’un footballeur de 26 ans le visage du mal immobilier au lendemain de son sacre ressemble davantage à une opération de récupération qu’à une analyse sérieuse du marché valencien.



Le Tiburón continuera probablement à marquer, à investir son argent comme il l’entend et à porter sa croix. Ses détracteurs continueront à chercher derrière chaque symbole national une menace politique et derrière chaque appartement un fonds vautour.

L’Espagne a remporté la Coupe du monde. Ferran Torres lui a donné le but de la victoire. Pour le reste, Sumar devra encore travailler sa finition.

 



Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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