Le Parlement taïwanais doit examiner une modification de la loi sur les télécommunications qui pourrait, à terme, permettre à Starlink d’accéder au marché local. Derrière cette évolution juridique se cache un enjeu bien plus large que l’arrivée d’un nouvel opérateur, renforcer la résilience des communications de l’île face aux risques de crise ou de conflit avec la Chine.
Le projet de loi prévoit d’assouplir plusieurs règles qui freinent aujourd’hui les opérateurs de satellites en orbite basse. Les autorités pourraient notamment accorder des dérogations aux exigences imposant qu’un dirigeant soit de nationalité taïwanaise et limitant la participation des investisseurs étrangers. Chaque demande resterait toutefois soumise à une évaluation portant sur la sécurité nationale, la protection des réseaux et l’intérêt public.
Selon Taipei Times, les parlementaires favorables à cette réforme estiment que les constellations de satellites constitueraient un complément précieux aux câbles sous-marins et aux réseaux terrestres, particulièrement vulnérables en cas d’incident majeur. Plusieurs experts appellent cependant à la prudence. Ils réclament des garanties sur l’implantation des stations au sol, le stockage des données et la capacité des autorités à exercer un contrôle effectif sur ces infrastructures.
L’ouverture du marché ne signifie pas pour autant une arrivée immédiate de Starlink. Les autorités taïwanaises ont récemment indiqué que SpaceX jugeait jusqu’ici le marché local peu attractif en raison d’une couverture 4G et 5G déjà très élevée. Les discussions entre les deux parties se poursuivent néanmoins, tandis que Taïwan multiplie les solutions pour sécuriser ses communications stratégiques.










