
Des actes insoutenables et méthodiques
Les faits, survenus entre fin 2024 et début 2025, sont d’une violence inqualifiable. Parmi les vidéos identifiées, l’une montre Juliette S. introduisant deux doigts dans la bouche d’un nourrisson, tandis qu’une autre la capture en train de toucher le sexe d’un bébé, avec des gestes allant des caresses au pincement. Lors de son audition, l’infirmière a tenté de se dédouaner en invoquant l’emprise de son ancien amant, Redouane E., qui lui aurait confié « fantasmer sur des enfants ». Une défense pathétique, presque insultante pour les victimes.
Une enquête déclenchée par une étudiante vigilante
L’affaire a éclaté à l’été 2025, lorsqu’une étudiante a reconnu Juliette S. et Redouane E. sur les réseaux sociaux. Les deux individus ont été mis en examen début août 2025 pour « agressions sexuelles imposées à des mineurs de moins de 15 ans », « complicité », ainsi que pour « enregistrement, détention et transmission d’images à caractère pédopornographique ». En septembre 2025, le parquet de Bobigny avait déjà identifié deux nourrissons comme victimes, tout en précisant que l’enquête était loin d’être terminée.
Une radiation sans appel
La chambre disciplinaire a balayé les arguments de Juliette S., notamment sa demande de présomption d’innocence en attendant le jugement pénal. « Mme S. ne contredit pas sérieusement avoir commis les faits », peut-on lire dans la décision. Les juges ont souligné le caractère « particulièrement probant et circonstancié » des actes, qualifiant ceux-ci d’« atteinte inouïe à la dignité et à l’intimité des patients et de leurs familles ». Une violation flagrante des devoirs déontologiques d’une infirmière, qui a conduit à sa radiation pure et simple. Juliette S. ne pourra plus exercer sa profession, bien qu’elle puisse, après trois ans, demander une révision de cette sanction.
Un hôpital sous le choc
L’hôpital André Grégoire avait suspendu Juliette S. dès les premiers éléments de l’enquête. La direction avait alors évoqué, avec une prudence de mise, une « grave dérive individuelle ». Une litote qui sonne aujourd’hui comme une sous-estimation macabre. L’établissement, comme le monde médical dans son ensemble, reste marqué par ce scandale, d’autant que l’enquête pénale est toujours en cours et que toutes les victimes n’ont pas encore été identifiées.
La justice en marche, mais des questions persistent
L’enquête judiciaire se poursuit, et la présomption d’innocence s’applique jusqu’à une décision définitive. Pourtant, une question reste en suspens : comment une telle horreur a-t-elle pu se produire, sous le nez de collègues, de supérieurs, et de familles confiant la vie de leurs enfants à des professionnels censés les protéger ?










