
Des quotas pour les likes, des chronomètres pour les opinions
L’idée ? Soumettre la visibilité des contenus politiques à une stricte proportionnalité des résultats électoraux et des sondages. Exit la « jungle » algorithmique où certains saturent les fils d’actualité tandis que d’autres disparaissent. Place aux quotas, aux chronomètres, à la bureaucratie numérique. Comme si l’ARCOM, déjà submergée, allait embaucher une armée de fonctionnaires pour auditer les For You Pages de chaque utilisateur.
Paul Midy, lui, semble convaincu. Choqué – oh, l’horreur – par les législatives de 2024, où des parents lui auraient montré, effarés, les téléphones de leurs enfants envahis par les vidéos de Jordan Bardella. Sans même que ces derniers n’aient cherché son nom. « L’algorithme enferme dans une bulle », tonne-t-il, comme s’il venait de découvrir que les réseaux sociaux influencent l’opinion. Une révélation tardive pour un homme qui siégeait déjà à l’Assemblée en 2024.
Le débat est simple : pour ou contre le pluralisme dans les médias en France ?
Ces règles d’équité permettent aux petites formations politiques d’exister et évitent que la majorité accapare le temps médiatique. Elles sont largement soutenues par les Français.
Pendant 40 ans,… pic.twitter.com/uY9I7OVlpj
— Paul Midy (@midy_paul) May 6, 2026
2027 en ligne de mire : la grande illusion démocratique
Inquiet pour la présidentielle à venir, Paul Midy, dont le groupe Ensemble pour la République et le gouvernement avaient poliment ignoré le texte l’an dernier, tente désormais de le faire passer en catimini via des amendements au projet de loi sur « la protection des élections ». « Il faut contrôler ce qu’on peut », déclare-t-il, sous-entendu : ce qui reste. À savoir, le fil linéaire qui défile tout seul, comme une télécommande entre les mains d’un État de plus en plus intrusif. Pour une France propre, Paul Midy a participé au dépôt d’une loi contre la prolifération des punaises de lit. Cet amoureux des libertés et du petit commerce est à l’origine d’une loi « autorisant les commerçants à utiliser la vidéosurveillance algorithmique » contre les voleurs à l’étalage. Cette technique de reconnaissance faciale avait été testée lors des Jeux Olympiques. Protéger les mineurs des dangers d’Internet, protéger les commerçants des voleurs, protéger les internautes de la désinformation, décidément Paul Midy et ses complices macronistes nous veulent du bien.
Et maintenant ?
Reste à savoir comment chronométrer à la seconde près les millions de vidéos publiées chaque jour. Si ByteDance, la maison mère de TikTok, acceptera de plier son algorithme chinois aux caprices de la démocratie française. Et si les Français, déjà lassés des chaînes publiques, auront envie de transformer leur téléphone en une nouvelle version de France 2.










