Je participe à ce collectif !

Pour vous inscrire au collectif et ainsi participer à l’aventure… Inscrivez-vous via ce formulaire…

N.B : Les données enregistrées ne sont utilisées que pour vous contacter… Elles sont stockées sur une interface d’hébergement personnelle (hébergeur mutualisé). Elle sont donc sécurisées le plus possible…Et difficilement “piratables”…

Cette information sera masquée du public
Obligatoire, car c'est ce qui vous identifie sur le réseau à la place de votre nom
Non obligatoire mais important pour vous mettre en relation
Sous la forme : 20, Rue Machin Bidule , 14000 CAEN
Pour vous contacter et former le réseau. Vous serez informé du lancement du collectif et des actions locales. Cette information sera masquée du public. Seul un formulaire de contact permettra de vous contacter publiquement.
Recevoir la newsletter ?

Retrouvez-nous aussi sur :

Pour info, notre page facebook a été piratée, inutile de continuer à la visiter !

Les hantavirus, ce que la science dit : Une panique médiatique autour de la souche Andes, malgré 30 ans de données épidémiologiques rassurantes

Partagez cette page sur : 


Alors que l’actualité met en lumière un petit cluster d’infections à hantavirus (souche Andes) sur le navire de croisière MV Hondius en mai 2026, de nombreux médias et autorités évoquent des risques de transmission interhumaine et appellent à des mesures inspirées de la pandémie de COVID-19 : tests PCR systématiques, dépistage massif des asymptomatiques, voire préparation à une « nouvelle menace ». Ces narratifs alarmistes méritent d’être remis en perspective à la lumière des données scientifiques établies depuis plus de 30 ans.

HantavirusHantavirusHantavirus
 

Qu’est-ce que les hantavirus ?

Les hantavirus forment un genre de virus à ARN appartenant à la famille des Hantaviridae. Ils sont portés par des rongeurs (souris, rats, campagnols) qui constituent leur réservoir naturel et ne tombent généralement pas malades. Chez l’homme, ils provoquent deux grands syndromes cliniques selon la souche géographique :

  • Le syndrome hémorragique avec atteinte rénale (HFRS), plus fréquent en Europe et en Asie (souches comme Puumala, Hantaan, Dobrava).
  • Le syndrome pulmonaire ou cardio-pulmonaire (HPS/HCPS), observé principalement dans les Amériques (souches comme Sin Nombre ou Andes).

Les formes graves peuvent évoluer vers une détresse respiratoire aiguë ou une insuffisance rénale, avec une létalité qui varie de moins de 1 % pour les formes européennes bénignes jusqu’à 30 % dans des cas rares pour certaines formes pulmonaires américaines en l’absence de prise en charge précoce.

 

Comment se transmettent-ils ?

La transmission est essentiellement zoonotique : elle se fait par inhalation de particules virales présentes dans l’urine, les fèces ou la salive de rongeurs infectés, souvent lors du nettoyage d’espaces confinés ou poussiéreux. Le virus ne se transmet pas par les moustiques, les tiques ni par simple contact peau à peau.

Seule la souche Andes virus (ANDV), présente en Amérique du Sud, fait exception : elle est la seule pour laquelle une transmission interhumaine limitée a été documentée. Celle-ci reste rare et exige un contact prolongé et étroit avec une personne symptomatique (gouttelettes respiratoires, fluides corporels) dans un espace confiné. Les autorités sanitaires (OMS, CDC) soulignent qu’un simple passage ou une toux occasionnelle ne suffit pas. Dans le cluster actuel du MV Hondius (8 cas dont 6 confirmés Andes, 3 décès au 8 mai 2026), l’enquête épidémiologique pointe une introduction probable via des rongeurs à bord depuis l’Argentine, suivie d’une transmission secondaire limitée en cabine.

 

Comment se diagnostiquent-ils ?

Le diagnostic repose sur :

  • Les symptômes cliniques (fièvre, myalgies, troubles digestifs, puis signes respiratoires ou rénaux 1 à 8 semaines après exposition).
  • Des tests biologiques : détection d’anticorps IgM/IgG par sérologie ou d’ARN viral par RT-PCR sur sang ou prélèvements respiratoires.

Ces examens sont fiables chez les patients symptomatiques. En revanche, dans la population générale asymptomatique, les tests PCR présentent une faible valeur prédictive positive (VPP) et un risque élevé de faux positifs. (1)

Métaphore pour expliquer le risque élevé de faux positifs : Imaginez que vous cherchez un ami précis dans une immense foule de 100 000 personnes avec une photo un peu floue (le test n’est pas parfait). Votre détecteur reconnaît 99 % des vrais amis (sensibilité élevée) mais se trompe parfois sur des inconnus qui ressemblent vaguement (1 % de faux positifs). Si votre ami n’est vraiment présent que chez 1 personne sur 10 000 (faible prévalence), presque tous les « positifs » que vous obtiendrez seront de parfaits inconnus. Le test « marche », mais il crée plus de confusion que de certitude.

C’est pourquoi les autorités recommandent de réserver les PCR aux cas cliniquement suspects, avec contexte épidémiologique clair.

 

Combien de cas par an depuis 30 ans ?

Les hantavirus ne sont pas une « nouvelle » menace. Les données de surveillance sont stables depuis des décennies (sources officielles) :

  • États-Unis : Depuis le début de la surveillance en 1993, 890 cas confirmés ont été enregistrés fin 2023 (CDC). Soit une moyenne de moins de 30 cas par an, avec une létalité d’environ 35 %. La grande majorité des cas survient à l’ouest du Mississippi.
  • Europe : 1 885 infections déclarées en 2023 (incidence de 0,4 pour 100 000 habitants – ECDC Annual Epidemiological Report 2023), le taux le plus bas de la période 2019-2023. En Belgique, les données historiques (référentiel national Heyman et al.) indiquent 150 à 350 cas par an lors des années épidémiques (cycle de 3 ans lié aux populations de rongeurs), essentiellement des formes bénignes dues à Puumala.
  • Amériques (2025) : 229 cas et 59 décès (létalité 25,7 %) sur l’ensemble du continent (PAHO/WHO).
  • Monde : Entre 150 000 et 200 000 hospitalisations annuelles, majoritairement des HFRS en Asie (Chine, Corée), avec une incidence globale stable ou en légère baisse dans plusieurs régions.

En trente ans, aucun signe d’émergence pandémique n’a été observé.

 

Comment se traitent-ils ?

Des données précliniques prometteuses existent déjà avec la chloroquine, un médicament antipaludique ancien, bon marché et bien connu. L’étude de Vergote et al. (2021) démontre que la chloroquine inhibe efficacement plusieurs hantavirus in vitro (IC50 moyenne ~10 µM, index de sélectivité ~25) et protège de manière significative in vivo : jusqu’à 72,7 % de survie chez les souriceaux (modèle Hantaan, prophylaxie) et 60 % de survie chez les hamsters syriens (modèle Andes virus, avec administration prophylactique par pompe osmotique). Ces résultats soulignent un potentiel clair, particulièrement en prévention ou en phase précoce, dans des contextes d’exposition connue comme un cluster confiné.

Il n’existe ni antiviral spécifique ni vaccin homologué à grande échelle. Comme le remarque la pharmacienne biologiste Hélène Banoun (PhD, ex-INSERM) en réaction aux déclarations médiatiques récentes : « Il n’y a JAMAIS de traitement spécifique qui fonctionne contre un virus ! Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas soigner les malades. Ils nous refont le même coup qu’avec la Covid et la DNC des vaches ! » Cette observation pertinente rappelle que l’absence d’antiviral ciblé ne signifie nullement l’absence de prise en charge efficace. Le traitement reste essentiellement symptomatique et de soutien : hospitalisation précoce en unité de soins intensifs, oxygénothérapie, ventilation mécanique ou ECMO en cas de forme grave, et gestion de l’équilibre hydro-électrolytique.

Des études cliniques humaines supplémentaires sont probablement nécessaires pour confirmer l’efficacité et l’innocuité de la chloroquine en pratique réelle, cependant ce médicament a déjà démontré son innocuité sur d’autres maladies ; cependant, ce médicament a déjà démontré son innocuité sur d’autres maladies depuis plus de 80 ans. Découverte en 1934 par Hans Andersag chez Bayer et introduite en pratique clinique dans les années 1940 (notamment à partir de 1947 pour la prophylaxie du paludisme), la chloroquine a été utilisée massivement pendant des décennies comme traitement de première ligne contre le paludisme, ainsi que dans des maladies auto-immunes comme le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Son profil de sécurité à long terme est bien documenté dans la littérature médicale.

 

Les narratifs médiatiques et officiels actuels

Face au cluster du MV Hondius, certains médias et experts (comme l’ancienne coordinatrice COVID Deb Birx aux États-Unis ou l’infectiologue Yazdanpanah sur Franceinfo) reprennent le scénario « tests PCR partout, dépistage asymptomatique, préparation vaccinale » et insistent sur l’absence de traitement spécifique.

Hantavirus

Le quotidien Le Parisien du 11 mai 2026 illustre parfaitement cette tendance avec un article au titre sensationnel : « L’hantavirus des Andes est aussi grave que le virus Ebola », jugé par l’épidémiologiste Antoine Flahault. Ce dernier y compare la létalité (32-36 % dans le cluster), évoque une transmissibilité humaine « démontrée » avec un R0 estimé à 2, et critique les protocoles français (auto-isolement à domicile) en plaidant pour un isolement strict hospitalier de 45 jours pour tous les contacts. L’article, écrit par une Julie Pousson, journaliste au pôle Vie privée (sans aucune formation scientifique), est unilatéral, ne donne la parole qu’à lui et dramatise l’événement sans contextualiser les données historiques ni les limites bien connues de la transmission interhumaine.

Hantavirus

Cette comparaison est d’ores et déjà contestée par l’intelligence collective sur X. La microbiologiste Corinne Reverbel (PhD), dans un fil posté le 11 mai 2026, a demandé une analyse comparative des taux de létalité (CFR sur cas cliniques déclarés versus IFR incluant les infections asymptomatiques et légères non détectées). Résultat : si le CFR des formes symptomatiques d’hantavirus Andes est effectivement proche de celui d’Ebola (30-40 % versus ~50 %), l’IFR réel du hantavirus Andes tombe à environ 2-5 % grâce à un ratio élevé d’infections silencieuses ou bénignes (environ 14 infections pour 1 cas clinique reconnu). Ebola, en revanche, présente bien moins d’infections subcliniques, son IFR restant proche de son CFR (40-50 %). Corinne Reverbel qualifie la déclaration de Flahault de « manipulation pour vous faire peur » et renvoie à l’analyse du Pr Martin Zizi. Cette mise au point, confirmée dans la foulée par Grok, révèle des incohérences que Le Parisien n’a manifestement pas vérifiées.

Hantavirus

L’article contrevient ainsi au devoir de rigueur, de vérification des sources et d’absence de sensationnalisme imposé par la Charte de Munich (déclaration internationale de 1971 sur les devoirs des journalistes), qui exige une information exacte, équilibrée et vérifiée, loin de toute propagande.

Cette approche relève plus de la propagande anxiogène que du journalisme équilibré : elle sème une peur disproportionnée par rapport à la réalité d’une zoonose rare et circonscrite. Antoine Flahault, figure médiatique récurrente des plateaux TV depuis 2020, s’était déjà illustré pendant la crise COVID par des déclarations souvent plus qu’erronées et aujourd’hui largement contestées : défense ardente d’une stratégie « zéro COVID » d’éradication mondiale, appels répétés à des mesures strictes (confinements, fermetures d’écoles), estimations alarmistes sur les vagues hivernales et une vision maximaliste du risque qui a largement ignoré les dommages collatéraux sanitaires, économiques et sociaux. Ces positions, présentées comme « scientifiques », ont été démenties par les faits : la pandémie n’a pas suivi les scénarios catastrophes les plus pessimistes, et les stratégies d’éradication se sont révélées inapplicables à grande échelle. 

Revenir aujourd’hui avec la même rhétorique hyperbolique (« aussi grave qu’Ebola ») sur une zoonose documentée depuis des décennies ne relève-t-il pas d’un réflexe pavlovien plus que d’une analyse rigoureuse ?

 

Des mesures de quarantaine de 42 jours prises par décret : une approche maximaliste

Dans ce contexte, le gouvernement français a publié dans la nuit du 10 au 11 mai 2026 au Journal officiel le décret n° 2026-364 prescrivant des mesures d’urgence. Celui-ci impose une quarantaine obligatoire en établissement de santé pour les personnes ayant séjourné à bord du MV Hondius, suivie d’un isolement éventuel pour une durée totale pouvant atteindre 42 jours (durée maximale d’incubation). Des mesures similaires peuvent s’appliquer aux cas contacts présentant un « risque sérieux d’infection », avec sanctions pénales en cas de non-respect (amende jusqu’à 1 500 €). Des dispositions concernent également les passagers de vols spécifiques ayant transité via l’Afrique du Sud.

Si ces mesures visent à prévenir toute propagation sur le territoire national, elles illustrent une approche maximaliste qui contraste avec les données épidémiologiques historiques et les caractéristiques bien connues du virus (transmission interhumaine limitée, contagiosité uniquement au stade symptomatique). Elles rappellent les protocoles les plus stricts appliqués pendant la crise COVID, au moment où l’urgence réelle reste circonscrite à un événement confiné sur un navire.

 

Pourquoi il n’y a pas lieu de s’inquiéter : l’éclairage du Pr Martin Zizi

Le Pr Martin Zizi, biophysicien, ancien épidémiologiste moléculaire au Département de la Défense belge et co-auteur d’études historiques sur la distribution des hantavirus en Belgique (publications 2001-2004 avec P. Heyman et al.), connaît le sujet de près. Dans son analyse récente, il rappelle que :

  • Les hantavirus sont des zoonoses endémiques chez plus de 600 espèces de mammifères ; on ne les « éradiquera » pas.
  • La transmission interhumaine reste exceptionnelle et limitée (surtout pour Andes, et uniquement en cas de contact prolongé avec un malade symptomatique).
  • L’incubation longue et la contagiosité seulement au stade symptomatique permettent un contrôle ciblé (isolement, tracing).
  • Les outils thérapeutiques existent déjà (soins de soutien, éventuellement chloroquine selon les données précliniques prometteuses).
  • Les chiffres historiques (150-350 cas/an en Belgique sans alarme publique) montrent que la maladie est connue, gérée et loin d’une pandémie.

Hantavirus

Le Pr Zizi dénonce une répétition de « narratifs faux » qui génèrent une psychose inutile. L’expérience des trente dernières années confirme que ces virus ne se propagent pas comme un virus respiratoire classique. Le cluster du MV Hondius, bien que tragique, reste un événement circonscrit à un environnement confiné, parfaitement gérable par les mesures classiques de santé publique (isolement, suivi des contacts).

Hantavirus

En conclusion, les hantavirus illustrent parfaitement la différence entre une maladie rare mais grave et une menace pandémique. Les données épidémiologiques, la biologie du virus et l’expertise de spécialistes comme le Pr Martin Zizi ou Hélène Banoun convergent : vigilance clinique oui, panique et mesures disproportionnées non. L’histoire récente nous a appris que la peur peut parfois faire plus de dégâts que le virus lui-même. 

Restons factuels, calmes et concentrés sur l’essentiel : une bonne hygiène, le contrôle des rongeurs et une prise en charge médicale rapide en cas de symptômes.

 

(1) Explication mathématique :
La valeur prédictive positive dépend de la prévalence de la maladie dans la population testée. Elle se calcule par la formule de Bayes :

où :

  • Se = sensibilité du test (ex. 95-99 % pour une PCR hantavirus),
  • Sp = spécificité du test (ex. 99 %),
  • P = prévalence réelle de l’infection (extrêmement faible chez les asymptomatiques, souvent < 0,01 % pour une zoonose rare comme le hantavirus).

Lorsque P est très bas, même une excellente spécificité ne suffit pas : la majorité des résultats positifs deviennent de faux positifs. En population générale asymptomatique, la VPP peut chuter en dessous de 10-20 %, rendant le test peu informatif.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

Autres articles

RESIST – NORMANDIE
Défilement vers le haut